12 - Workflow de création
Workflow OKF : passer d'un contexte dispersé à un bundle testable
Créer un bundle OKF ne consiste pas à tout exporter d'un coup. La bonne méthode V1 consiste à choisir une boucle métier précise, récupérer les sources utiles, créer quelques concepts fiables, les relier, les citer, puis tester le résultat avec un agent réel.
Pourquoi un workflow compte plus qu'un export massif
Un export massif donne souvent l'impression d'avancer vite, mais il produit rarement un contexte exploitable. On obtient beaucoup de Markdown, beaucoup de bruit, peu de structure et très peu de garanties sur la fraîcheur ou la source des informations.
Un workflow OKF part de l'autre côté: il commence par une tâche concrète que l'agent doit réussir. Par exemple répondre à une objection support, expliquer une métrique revenue, préparer une relance commerciale ou diagnostiquer un incident. Le bundle est ensuite construit autour de cette boucle de travail, pas autour de toute l'entreprise.
Cette approche réduit le risque de créer une bibliothèque morte. Chaque concept existe parce qu'il aide un humain ou un agent à mieux décider, mieux répondre, mieux retrouver une source ou mieux agir.

Choisir une boucle métier testable: support, sales, data, ops ou produit.
Auditer les sources existantes: wikis, exports, tickets, dashboards, décisions, experts.
Définir une taxonomie légère: concepts prioritaires, types et dossiers.
Créer les premiers fichiers: frontmatter, body Markdown, liens et citations.
Construire index.md et log.md pour guider la navigation et garder l'historique.
Tester avec un agent réel, corriger, puis enrichir par itération.
Étape 1 : choisir une boucle métier testable
La première décision n'est pas technique. Il faut choisir une boucle où le manque de contexte coûte déjà quelque chose: réponses support incohérentes, métriques mal expliquées, relances sales trop génériques, onboarding produit lent, diagnostics ops dépendants d'un expert senior.
Une bonne boucle tient dans une phrase: aider un agent support à répondre aux demandes de remboursement, aider un analyste à expliquer le MRR, aider un sales à préparer une relance enterprise. Si vous n'arrivez pas à nommer la tâche, le bundle sera trop vague.
Le bon périmètre V1 doit être assez petit pour être produit en quelques jours, mais assez important pour montrer une amélioration visible: meilleure citation, moins d'allers-retours, moins d'erreurs, réponse plus rapide ou décision plus traçable.
Étape 2 : auditer les sources existantes
L'audit consiste à lister les endroits où la connaissance existe déjà: Notion, Drive, Slack, tickets support, CRM, dashboards, code, data catalog, API docs, emails de décision, expert métier. L'objectif n'est pas de tout importer, mais d'identifier les sources de vérité et les zones de flou.
Pour chaque source, notez trois informations: ce qu'elle contient, qui en est propriétaire, et à quel point elle est fiable. Une page Notion peut être utile mais obsolète. Un dashboard peut être fiable mais incompréhensible sans la formule. Un ticket peut contenir une exception métier importante mais non généralisable.
Cet audit sert aussi à révéler les trous de contexte. Si personne ne sait citer la source d'une règle, ce n'est pas un problème OKF: c'est un problème de gouvernance que le workflow rend visible.
Étape 3 : définir une taxonomie légère
La taxonomie doit rester légère. Il ne s'agit pas de construire une ontologie complète, mais de choisir quelques familles de concepts qui aident l'équipe à ranger et retrouver l'information.
Pour un bundle support, les types utiles peuvent être `Playbook`, `FAQ`, `Policy`, `Product Area`, `API Endpoint` et `Source`. Pour un bundle data, on trouvera plutôt `Metric`, `Table`, `Dashboard`, `Decision` et `Owner`. Pour un bundle sales, on peut démarrer avec `Persona`, `Offer`, `Objection`, `Proof`, `Template` et `Playbook`.
La règle pratique: si deux personnes ne rangeraient pas le même fichier au même endroit, la taxonomie est encore trop ambiguë. Si elle nécessite un atelier de trois semaines, elle est trop lourde pour une V1.
Étape 4 : créer les premiers concept files
Un premier bundle utile contient souvent 5 à 10 concept files, pas 300. Chaque fichier doit décrire une connaissance claire: une métrique, une table, une procédure, une décision, une source, une objection, une persona ou un endpoint.
Le frontmatter YAML donne les métadonnées minimales, notamment le champ `type`. Le body Markdown donne l'explication humaine: définition, contexte, exemples, règles, limites, liens et citations. Le fichier doit pouvoir être relu par une personne métier sans outil spécial.
Un exemple support: `playbooks/refund-request.md` décrit comment traiter une demande de remboursement; `policies/refund-policy.md` explique la règle officielle; `apis/create-ticket.md` documente l'action à déclencher; `sources/help-center-refunds.md` cite la source publiée.
Étape 5 : relier, citer et documenter les preuves
Les liens transforment une liste de fichiers en carte de connaissance. Un playbook peut pointer vers une policy, une API, une FAQ et une décision. Une métrique peut pointer vers une table, un dashboard et une décision de définition.
Les citations rendent le bundle vérifiable. Elles ne sont pas là pour faire joli: elles permettent à un humain ou à un agent de comprendre d'où vient une affirmation importante. C'est essentiel pour les métriques, les règles métier, les obligations légales, les procédures clients ou les décisions de pricing.
La phrase autour du lien compte autant que le lien lui-même. Écrire `Cette procédure applique la [politique de remboursement](/policies/refund-policy.md)` est plus utile que poser un lien isolé sans relation explicite.
Étape 6 : construire index.md et log.md
`index.md` sert de carte d'entrée. Il ne doit pas tout répéter, mais guider la lecture: quels concepts sont prioritaires, dans quel ordre les consulter, quelles zones du bundle sont stables ou expérimentales.
`log.md` sert à garder l'historique des changements importants: ajout d'une règle, correction d'une métrique, remplacement d'une source, changement de propriétaire, décision de supprimer un concept. Ce fichier évite le contexte fantôme, c'est-à-dire les connaissances qui changent sans laisser de trace.
Dans une V1, ces deux fichiers peuvent être très simples. L'essentiel est qu'un humain ou un agent puisse comprendre rapidement ce que contient le bundle, pourquoi il existe et ce qui a changé récemment.
Étape 7 : tester avec un agent réel
Un bundle OKF doit être testé dans une tâche réelle, pas seulement relu comme une documentation. Demandez à l'agent de retrouver une règle, expliquer une métrique, préparer une réponse, citer ses sources ou comparer deux décisions.
Le test doit chercher les failles: l'agent cite-t-il la bonne source ? comprend-il les exclusions ? confond-il une ancienne règle avec une règle récente ? sait-il dire quand l'information manque ? utilise-t-il les liens pour naviguer au lieu de répondre uniquement depuis un passage isolé ?
Le résultat du test devient une liste de corrections: clarifier une définition, ajouter une citation, créer un concept manquant, renommer un fichier, simplifier un index ou documenter une exception.
Étape 8 : itérer sans vouloir tout cartographier
La tentation naturelle est de transformer le workflow en grand programme de cartographie de l'entreprise. C'est rarement le bon point de départ. OKF fonctionne mieux quand le bundle grandit à partir des usages qui prouvent sa valeur.
Après un premier test, ajoutez seulement ce qui réduit une friction observée. Si l'agent manque une source, ajoutez-la. S'il mélange deux concepts, séparez-les. S'il ne trouve pas le bon chemin, améliorez l'index. S'il cite mal, rendez la citation plus explicite.
Cette logique permet de construire une base de contexte durable sans immobiliser l'équipe dans un chantier documentaire infini.
Exemple concret : workflow support client
Prenons une équipe support qui reçoit beaucoup de demandes de remboursement. Aujourd'hui, les règles sont dispersées entre une page help center, des tickets anciens, une note Notion, une décision produit et une API interne de création de ticket.
La V1 peut créer un bundle réduit: `index.md`, `log.md`, `playbooks/refund-request.md`, `policies/refund-policy.md`, `apis/create-ticket.md`, `faqs/refund-exceptions.md`, `sources/help-center-refunds.md` et `decisions/refund-window-2026.md`.
Le test agent est concret: répondre à trois tickets représentatifs, citer la règle utilisée, signaler les cas ambigus, proposer l'action suivante et indiquer quand une validation humaine reste nécessaire. Si l'agent réussit mieux qu'avant, le bundle a déjà de la valeur.
Une boucle métier nommée
Demandes de remboursement support
Le succès peut être testé avec 3 à 5 cas réels.
Liste courte de sources et owners
Help center, tickets, Notion, API docs
Chaque affirmation importante a une source candidate.
Quelques types et dossiers
Playbook, Policy, FAQ, API Endpoint
Deux personnes rangeraient les fichiers de la même façon.
5 à 10 fichiers Markdown
refund-request.md, refund-policy.md
Chaque concept répond à une question précise.
Liens internes et citations
Playbook vers policy et API
Un agent peut expliquer pourquoi un lien existe.
`index.md` et `log.md`
Carte d'entrée et historique
Le bundle est navigable sans tout lire.
Scénarios agent documentés
Répondre à trois tickets
Les erreurs produisent des corrections concrètes.
Checklist de production d'un premier bundle
Avant de considérer une V1 comme exploitable, vérifiez qu'elle tient debout sans explication orale. Le bundle n'a pas besoin d'être parfait, mais il doit être relisible, testable et suffisamment sourcé.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur consiste à commencer par l'entreprise entière. C'est séduisant, mais trop vaste. Commencez par une boucle où le contexte manquant crée déjà des erreurs ou des lenteurs.
La deuxième erreur consiste à importer sans curer. OKF n'est pas une benne Markdown. Un concept doit être choisi, nommé, relié, sourcé et utile à une tâche.
La troisième erreur consiste à oublier le test agent. Si aucun agent ne consomme le bundle, vous ne savez pas encore si le contexte est vraiment exploitable.
La quatrième erreur consiste à faire du bundle un artefact figé. Le `log.md`, les owners et les revues régulières sont là pour que la connaissance reste vivante.
Lire ensuite
Le workflow donne la méthode générale. Le chapitre suivant montre comment choisir un tout premier périmètre sans vouloir cartographier toute l'entreprise.
Revenir au diagnostic du contexte fragmenté avant de produire un bundle.
Définition d'OKFClarifier ce qu'OKF standardise et ce qu'il ne remplace pas.
Anatomie d'un bundleComprendre l'unité de distribution que le workflow produit.
Anatomie d'un conceptApprendre à écrire les fichiers qui composent le bundle.
Liens et grapheStructurer les relations entre concepts et sources.
ConformitéVérifier les règles minimales OKF v0.1.
Premier bundleChoisir un périmètre réduit avec un ROI visible.
Outils officielsExplorer le repo, le reference agent, le visualizer et les samples.
Sources officielles et lectures utiles
Annonce officielle d'OKF et de l'intérêt d'un format portable pour le contexte agent.
OKF SPEC.mdSpécification primaire sur les bundles, concepts, liens, citations, index et conformité.
OKF README.mdPrésentation officielle du repo, des samples, du visualizer et des outils OKF.
Knowledge Catalog repoRepo officiel contenant la spec, les bundles d'exemple et les outils de référence.
Anthropic - Effective context engineeringRéférence sur la curation et la maintenance du contexte utile pour les agents.
Anthropic - Building effective agentsRéférence pour distinguer workflows, agents et orchestration de tâches.
OpenAI Codex - AGENTS.mdDocumentation officielle sur les instructions persistantes pour agents de code.
Les points à retenir
Le bon workflow OKF commence petit: une boucle métier, quelques sources fiables, une taxonomie légère, 5 à 10 concepts, des liens, des citations, un index, un log et un test agent. La valeur vient moins de la quantité de documents convertis que de la capacité du bundle à rendre une tâche réelle plus fiable, plus rapide et plus vérifiable.
